EconomieInfo

Qui est Euclide Tsakalotos, l’homme qui doit sauver la Grèce ?

0
Euclide-Tsakalotos

Euclide Tsakalotos remplace Yanis Varoufakis au ministère des Finances grec. Charge à lui de trouver un accord avec les créanciers, là où son prédécesseur a échoué. © Copyright 2015, L’Obs

C’est donc le discret Euclide Tsakalotos qui remplacera au ministère des Finances le tonitruant Yanis Varoufakis, démissionnaire après la victoire massive du non au référendum en Grèce dimanche 5 juillet. L’homme n’est pas un inconnu, ni des Grecs, ni des créanciers. Ce même Euclide Tsakalotos, économiste, a été récemment désigné par le Premier ministre grec Alexis Tsipras pour mener les négociations avec le FMI, la Commission, la BCE, le Conseil européen et les grandes capitales du Vieux continent.

C’est donc lui qui, depuis avril, tente d’obtenir la rallonge nécessaire à la stabilité financière de la péninsule et à son maintient dans la  zone euro. Charge à lui de concilier l’inconciliable. Il est censé résoudre l’équation permettant à la fois de rétablir rapidement les comptes du pays, comme le demandent ceux qui prêtent à la Grèce, et de donner une bouffée d’oxygène aux Grecs, comme ils l’ont réclamé dans les urnes en votant pour le parti de gauche Syriza, et répété hier en votant « oxi » (non) à plus de 61%.

Euclide Tsakalotos est désormais dans la lumière. Réussira-t-il là où tous ses prédécesseurs se sont cassé les dents ? Voici ce que l’on sait de lui.

C’est un détail qui frappe les oreilles hellènes : lorsqu’il parle anglais, il n’a aucun accent, et lorsqu’il parle grec il a, dit-on, un léger accent… anglais ! Et pour cause : né à Rotterdam, Euclide Tsakalotos a étudié à Oxford, où il a suivi un cursus de politique, de philosophie et d’économie, le même que… David Cameron, note CNBC (en anglais). En 1989, après avoir conclu son doctorat, il est entré à l’Université du Kent, à Cantorbéry, d’abord pour y faire de la recherche, puis pour y enseigner l’économie.

C’est cet homme aimable, sobre et au verbe bien calibré qu’Alexis Tzipras a choisi pour remplacer à la table des négociations le flamboyant Yanis Varoufakis, ministre des Finances dont les sorties médiatiques musclées, très populaires lors de l’arrivée du gouvernement au pouvoir, exaspèrent désormais l’ensemble des interlocuteurs internationaux, jusqu’à compromettre les discussions. « Tsakalotos a un profil plus discret », reconnaissait-on avec soulagement côté européen lors de sa nomination.

Depuis 1990, Euclide Tsakalotos enseigne l’économie à l’Université, à Athènes. Et il n’ignore pas les lois du marché. Il a tiré ses revenus d’investissements dans des fonds comme Blackrock et JP Morgan, note « Challenges », ce qui lui a permis d’acheter une villa dans un coin chic d’Athènes, où il vit avec ses trois enfants et sa femme, écossaise, toujours selon le magazine. De quoi rassurer les investisseurs ?

Malgré ce style un rien british, Euclide Tsakalotos n’en est pas moins un fidèle représentant de la gauche grecque. Très impliqué dans l’appareil Syriza, dont il est membre du comité central, il a été élu en 2012 comme député, avant d’être nommé ministre adjoint des Affaires étrangères. C’est un homme de confiance d’Alexis Tsipras, et cela rassure les négociateurs. Mais si sa nomination a été considérée comme un « pas en avant » sur la forme, elle n’en a pas immédiatement fait disparaître les désaccords de fond, bien réels.

Euclide Tsakalotos est un très bon connaisseur du dossier grec. Il a écrit six livres, dont le plus facile à trouver sur internet s’intitule : « Le terreau de la résistance : la Grèce, la zone euro et la crise économique mondiale ». Souvent taxé d’euroscepticisme, l’économiste anti-austérité est en fait tout simplement conscient des défauts de construction de la monnaie unique.

« Si la raison l’emporte », disait Euclide…

Source: nouvelobs.com

La confrérie de la lampe à deux vitesses

Previous article

Maroc : la robe de la discorde

Next article

You may also like

Comments

Comments are closed.

More in Economie