ArchiveInternationalpolitique

Le Maroc, un allié implicite de la coalition en guerre contre l’EI

0

Le Maroc, un allié implicite de la coalition en guerre contre l’EILe Maroc s’est-il engagé à faire une guerre non déclarée contre l’Etat islamique dans le Golfe? La plupart des pays de la région ont rejoint la coalition occidentale de Barack Obama contre le groupe djihadiste. Les combats se déroulent de façon distincte en Syrie et en Irak. Pour l’instant, l’engagement militaire marocain reste officieux… pour combien de temps encore?

Le Maroc fait front face à l’activisme de cellules djihadistes chargées de recruter des combattants pour gonfler en Irak et en Syrie les rangs de l’Etat islamique. Pourtant le royaume chérifien n’a pas rejoint la coalition formée par les Etats-Unis pour lutter contre l’EI, et ce n’est pas faute d’avoir été sollicité par Washington. Le cas de figure en rappelle d’autres, l’invasion du Koweït par les forces de Saddam Hussein. On se souvient que Rabat avait envoyé des soldats dans la région non pas pour faire la guerre aux troupes irakiennes mais pour protéger les intérêts pétroliers de l’Arabie Saoudite. Citons également le Mali où les militaires français et tchadiens ont combattu les groupes armés djihadistes, le Maroc aurait fourni un appui opérationnel sur le terrain, se démarquant ainsi de ses voisins, la Mauritanie et l’Algérie. Difficile de croire alors que le roi Mohammed VI serait resté insensible aux bruits de bottes en Irak et en Syrie. C’est bien sûr officieux, mais en réalité, les militaires marocains sont présents dans plusieurs monarchies du Golfe aujourd’hui acculés par l’Etat islamique. L’Arabie Saoudite, les Emirats arabes unis ou encore le Barheïn ainsi que dix pays occidentaux participent à la guerre contre l’EI aux côtés des Etats-Unis. L’association des pays arabes à la lutte contre le groupe djihadiste en Syrie et en Irak est le fruit d’intenses efforts diplomatiques menées par le secrétaire d’Etat, John Kerry, dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA). A cette occasion, Washington a clairement manifesté sa volonté de voir le Maroc s’engager dans ce combat sans appel contre « l’ennemi » djihadiste. Une fois de plus, Rabat semble avoir opté pour un engagement implicite. Son aide en matière de renseignements et de connaissance du terrain est précieuse, surtout que le pays est confronté à un phénomène inquiétant, l’activisme des cellules de recrutement de combattants djihadistes en relation directe avec la base de Daech (Etat islamique).

Plus de 1.000 ressortissants marocains combattent dans les rangs de l’EI

Les coups de filet anti-djihadiste se succèdent dans le pays au point même que les autorités sont dans l’obligation de renforcer et de durcir leur stratégie de lutte anti-terroriste. Ce vendredi encore, les polices espagnole et marocaine ont arrêté neuf membres présumés d’un groupe djihadiste lié à l’organisation de l’EI. Il y aurait un ressortissant espagnol et huit marocains. Les neuf suspects faisaient partie d’un groupe basé dans l’enclave espagnole de Melilla, sur la côte méditerranéenne d’Afrique du Nord, et dans la ville marocaine voisine de Nador. Selon les estimations du ministère de l’Intérieur du Maroc, plus de 1.000 marocains combattent en Syrie et en Irak au sein de l’EI, voire entre 1.500 et 2.000 en prenant en compte les ressortissants marocains qui ont rejoint Daech depuis l’Europe. Le risque de devenir une base arrière de l’EI est bien réelle, malgré cela, le Maroc encore marquée par le spectre du « Printemps arabe » en Afrique du nord, affiche une prudence et une discrétion à toute épreuve dans le combat que mène la communauté internationale contre le groupe terroriste coupable d’actes barbares tels que la décapitation de plusieurs otages étrangers. Le Maroc a été absent des dernières conférences internationales consacrées à la lutte contre l’EI, celle de Jeddah en Arabie Saoudite et de Paris récemment. Le pays n’a pas été invité à participer à ces deux réunions. Dans le même temps, le Maroc a été sollicité par l’OTAN sur le plan militaire. Il n’est donc pas impossible qu’à terme Rabat finisse par officialiser l’intervention de ses troupes dans la région.

Le Maroc mobilisé pour de nouveaux exercices en Méditerranée occidentale

Previous article

Benkirane contre El Pais : Après deux rejets de sa plainte, le chef du gouvernement tente une troisième parade

Next article

You may also like

Comments

Leave a reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

More in Archive