Culture

«Je n’ai pas fait un «roman à clé», c’est une œuvre de divertissement»

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guillaume-jobingg«Route des Zaërs» est un roman d’espionnage international qui présente au lecteur un «affrontement entre plusieurs pays et leurs pouvoirs». Guillaume Jobin, l’auteur, qui compte à son  actif deux essais historiques «Lyautey, le Résident»  et «Mohamed V, le Sultan», renoue avec son lecteur, cette fois avec un souffle romanesque dont Rabat est l’un des lieux fondamentaux où se déroule l’action. «Je souhaitais aussi mettre en valeur dans mon livre Rabat, ma ville, qui est généralement ignorée des auteurs, tant marocains que français», souligne Guillaume Jobin. Les propos.

Al Bayane : Après «Lyautey, le Résident»  et « Mohamed V, le Sultan », vous venez de signer votre premier roman «Route des Zaërs», un roman d’espionnage international. Que fait Rabat dans le roman?

Guillaume Jobin : Un roman d’espionnage, c’est un affrontement entre plusieurs pays et entre leurs pouvoirs. Rabat, c’est la capitale, le siège du pouvoir suprême, des services secrets, des ambassades et des agences de presse au Maroc, l’action ne pouvait se situer ailleurs. Mais je souhaitais aussi mettre en valeur dans mon livre Rabat, ma ville, qui est généralement ignorée des auteurs, tant marocains que français.

Pourquoi un roman sur l’espionnage international ?

Je me considère comme un auteur «du Maroc», faute d’être, hélas, Marocain. Si certains de mes confrères écrivains, comme Reda Dalil dans «Le job», voire des auteurs de cinéma comme Laïla Marrakchi dans « Marock », sortent des sujets habituels tournant autour de la misère sociale, aucun réellement ne se consacre à la vie des classes dirigeantes et bourgeoises, bref, la vie du Pouvoir. Par ailleurs, je suis convaincu que les affrontements entre Etats prennent aussi une dimension géopolitique pacifique, et c’est cet aspect-là des choses qui est intéressant, oublions un instant la violence armée et le terrorisme et revenons vers la vraie politique internationale.

Comment le lecteur d’ici et d’ailleurs a apprécié  votre roman ?

Il est encore un peu tôt pour avoir une idée, mais mes réflexes d’éditeur reprenant le dessus, j’ai constaté que les mises en place généreuses faites par «Editeur de Talents», dans les librairies-test de Casablanca et Rabat avaient été épuisées en quelques jours. Si la tendance se confirme, « Route des Zaërs » devrait finir sur le podium des meilleures ventes de livres marocains en français en 2015. Il est certain, quand je vois les commentaires sur mon livre sur les réseaux sociaux que l’originalité de l’histoire attire le lecteur du Maroc, malgré un silence relatif de la presse marocaine qui n’ose se frotter à un tel sujet qu’elle croit sensible, à tort, je pense.

Ce roman qui «n’est qu’une fiction», n’a t-il pas puisé son histoire des faits vécus ?

Bien sûr, je me suis attaché à relever des éléments dans la réalité, comme par exemple les deux journalistes français expulsés de Rabat. Puis, j’ai recherché des concordances avec d’autres éléments de l’actualité. Mais un roman, c’est comme un iceberg, si la réalité représente la partie émergée du bloc de glace, la fiction, le développement de l’intrigue représente les 85% de la partie immergée. C’est là où réside mon plaisir dans l’écriture. Je n’ai pas fait un «roman à clé » où il faut lire entre les lignes, c’est juste une œuvre de divertissement. De plus, j’ai mêlé des personnages réels au livre, même s’ils n’interviennent pas dans l’intrigue, mais pour donner au lecteur étranger une vision colorée de ce qu’est le Maroc moderne qui avance, comme Abdallah le Bouquiniste de Rabat ou la restauratrice Fatema Hal à Paris.

Diplomates, agents secrets et  journalistes : quelle relation existe-t-elle entre les trois ?

Il existe plusieurs relations entre ces trois métiers, tous interviennent auprès du pouvoir de l’Etat, tous utilisent l’information, même si c’est pour des fins très opposées. Tous connaissent une partie de la vérité sur les affaires secrètes, mais en ignorent aussi une grande partie. Il est vrai que les services français, par exemple, utilisent des journalistes ou bien les manipulent ou se servent, comme en Somalie d’une couverture de reporter pour leurs agents. Quant aux diplomates, c’est la partie officielle de l’action d’un Etat, qui ne peut aller que de pair avec la partie secrète, tout aussi utile, à mon sens. Un pays, que ce soit le Maroc ou la France, a le droit et le devoir de se protéger contre les ingérences extérieures.

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Source: albayane.press.ma

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